Du roman de la Rose de Guillaume de Lorris à Françoise Hardy en passant par Ronsard et les Rosicruciens, pour ne citer que ceux-là, en Occident, la question du désir et de son objet n’a heureusement cessé d’être un sujet de préoccupation. Les interprétations philosophiques et spirituelles, puis psychanalytiques, la littérature et la poésie, ont pu hésiter entre une présentation naturelle et charnelle et une vision plus idéalisée du désir.
Désir et plaisir, désir ou plaisir, désir de plaisir ou plaisir du désir.
Le dilemme à traiter ou l’union harmonieuse souhaitée n’ont pas fini d’intéresser les cliniciens. On rappellera en préambule à nos méditations que le rouge alchimique, terme de l’œuvre, vise la réalisation de la conscience par un être entier, corps âme et esprit.
Faute de quoi celle « Qui tant a de prix
Et tant est digne d’être aimée
Qu’elle doit Rose être nommée. »
ne pourra être cueillie car
« épines y avait tant…
Et le bouton cueillir ne pus »
Et l’on s’inspirera d’Omar Khayyam et de l’une de ses perles mystiques :
« Si tu as greffé sur ton coeur la rose de l’Amour,
ta vie n’a pas été inutile,
ou bien si tu as cherché à entendre la voix d’Allah,
ou bien encore si tu as brandi ta coupe en souriant au plaisir »